Contexte initial

Cilia 20 Nov 2014 - 13:47

Contexte

Dans un monde où prime l’agro-industrie, menaçant les petits paysans et l’auto suffisance des peuples, il est temps de choisir une nouvelle voie.

Les pays autrefois agriculteurs ne sont plus capables de s’auto alimenter.

Le monopole des graines

Les grandes entreprises qui ont le monopole des graines (on parle ici de Monsanto, les français Baumaux, …) font breveter ces dernières. Il existe un catalogue officiel des semences où sont répertoriées les graines qui peuvent être cultivées. Il est avéré que l’admission des semences à ce catalogue n’a rien à voir avec la santé des plantes. Chaque individu qui cultiverait des variétés hors catalogue s’avère être hors la loi, peut être arrêté et son jardin saccagé (Magarinos-Rey, 2012).

A ce jour en France, les arrestations n’aboutissent pas car elles violent le principe de proportionnalité, la liberté d’entreprise, la libre circulation des marchandises ainsi que le principe de non discrimination. Mais des potagers ont déjà été arrachés dans plusieurs communes françaises pour « montrer l’exemple » et des agriculteurs sont régulièrement verbalisés pour avoir vendu des produits issus de graines « hors catalogue » (Cassia, 2013). Ce phénomène et les arrestations sont déjà très répandus dans de nombreux autres pays tels que les Etats-Unis et la multiplication d’accords de libre échange entre pays ouvre la voie vers de telles pratiques (Trouvé, 2013).

Le monde paysan et de nombreux citoyens refusent ce monopole et en appelle à la promotion des semences paysannes. Il appartient aux agriculteurs de décider des variétés qu’ils cultivent.

La pression des firmes agro-industrielles

La concurrence entre les agriculteurs et éleveurs et la pression des grands groupes de graines, de pesticides et d’OGM tendent à réduire de manière très significative toute initiative d’agriculture ou d’élevage raisonnée : un petit agriculteur qui fait du maïs bio dans le Gers ne pourrait pas survivre à une mauvaise saison si dans le champ en face on trouve du maïs traités avec des dizaines de pesticides, qui ne meurent pas (ou peu), sont grassement subventionnés et sortent à un prix défiant toute concurrence, ou si le marché était ouvert à des importations massives issues d’une agriculture étatsuniennes plus industrielle et compétitive. La baisse des droits de douane par le biais d’accords trop permissifs nivelant les normes par le bas pour atteindre le standard d’autres pays (accords tels que la CETA ou le PTCI) empirera cet état de manière exponentielle (Berthelot, 2013).

La menace des OGM

Les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) ont été diffusés dans certains pays (notamment en Argentine) car ils devaient permettre de diminuer l’utilisation de pesticides et de produits chimiques dangereux dont on sait depuis longtemps qu’ils sont nocifs pour la faune, la flore et bien sûr l’humain. Mais il n’en est rien, l’utilisation d’OGM va de pair avec celles de pesticides produites par les mêmes firmes : les OGM résistent à ces pesticides qui brulent tout le reste et l’agriculteur peut facilement cultiver sans avoir à désherber ni labourer. Depuis leur apparition il y a 15 ans, on a pu vérifier la méthode utilisée sur des champs OGM et se rendre compte de la catastrophe. En Argentine, les mauvaises herbes dans les plantations de soja transgéniques ont muté pour résister aux pesticides. « Alors, pour en venir à bout, il faut augmenter les doses, rajouter des produits chimiques, chercher de nouveaux cocktails. Heureusement, les firmes transgéniques nous aident beaucoup... » explique Hectof Rainero, fonctionnaire à l’INTA (Institut National de Technologie Agricole d’Argentine) (Moreira, 2014).

Jusqu’à présent, les OGM sont relativement bien régularisés en France même si d’après Corinne Lepage et Gilles-Eric Séralini ils sont déjà présents dans 80% de l’alimentation des élevages français (Douet, 2012). Les normes d’utilisation des produits chimiques dans la chaîne alimentaire sont plutôt hautes comparées au reste du monde. Nous respectons les appellations d’origine et refusons les hormones de croissance. Mais les politiques font tout pour harmoniser les normes et la multiplication des accords en ce sens le prouve. Jusqu’à quand tiendrons-nous avant de ne plus trouver de tomates bio sur le marché ? De bœuf qui a grandi dans la montagne ? De poulet non chloré ? Les grosses firmes de l’agro-industrie font pression sur les gouvernements pour assurer le rôle du transgénique. Jack Bobo, ministre américain, a pour seul rôle de promouvoir le transgénique : « Le transgénique est pour nous une affaire de sécurité nationale. ». Si les accords de libre échange parviennent à harmoniser les normes comme ils l’entendent, il serait très difficile d’interdire les importations d’OGM au nom du principe de précaution, il serait même impossible de les étiqueter car l’industrie transgénique considère ces étiquettes OGM comme « une atteinte au droit à rester silencieux ». A ce jour, l’état du Vermont est poursuivi par ces firmes car elle a autorisé l’étiquetage dans ces supermarchés (Moreira, 2014).

Respect des sols et de la biodiversité

L’utilisation de pesticides et de produits chimiques dangereux tue la Terre nourricière. Ils ne tuent pas seulement les mauvaises herbes mais aussi les bonnes qui assure la biodiversité, les insectes qui permettent au sol de respirer et de s’auto gérer, les abeilles qui sont si importantes, les plantations des voisins qui n’utilisent pas d’engrais ou de produits chimiques sur leurs plants pour combattre les pesticides, … Entre la mort engendrée par l’utilisation de produits chimiques toujours plus forts et la bétonisation excessive, il est important de se battre pour sauvegarder des terres agricoles. Il faut savoir que 78000 hectares de surface agricole disparaissent tous les ans en France, soit un stade de foot tous les 5 minutes, ou l’équivalent d’un département tous les 7 ans (source : Filière Paysanne).

Mais ces produits n’ont pas seulement un effet sur la faune. Dans la province du Chaco en Argentine, autour des champs de soja transgéniques, le nombre d’enfants difformes a été multiplié par trois depuis l’explosion du transgénique en 1996 (Moreira, 2014). Des écoliers sont tombés malade après l’épandage de pesticides sur des vignes en Haute-Gironde (Jamet, 2014). En réaction, le préfet Michel Delpuech avait signé un arrêté qui réglemente dans le département l'épandage de pesticides dans les vignes aux abords des écoles (SudOuest, 2014).

La réponse

La seule solution pour que nos enfants aient la chance de pouvoir goûter à des produits sains et de vivre dans un monde sans danger, c’est de répandre des initiatives, de sensibiliser la population afin qu’elle rejette toute nourriture issue de réseaux immoraux, de faire en sorte de pouvoir trouver facilement et à bas prix des produits de qualité, d’apprendre à s’auto-alimenter, développer les circuits courts, facilité l’accès aux réseaux locaux et se réapproprier l’alimentaire plutôt que de la laisser aux multinationales qui ne sont pas vraiment connues pour vouloir notre bien-être.

 

En créant des lieux de partage et de fédération autour de l’agriculture dite familiale et raisonnée et en diffusant un savoir faire qui permet de multiplier des jardins dans toute la France, nous comptons arriver à un modèle de souveraineté alimentaire afin de préserver le droit à choisir notre alimentation et à garantir un approvisionnement local et indépendant.

 

Il est temps de tout faire pour éviter l’accaparement des terres par des industries agro-alimentaires qui tuent les sols et créent des déserts à force d’utilisation de pesticides et d’engrais inutiles. Car oui, il existe des alternatives qui permettent de cultiver à grande échelle et de nourrir l’humanité toute entière. Elles existent et nous allons les diffuser.

Ces affirmations reposent sur l’étude et l’analyse de travaux des géants de l’agro-écologie et de l’agriculture raisonnée ainsi que sur le travail de paysans du monde entier effectué par des organisations françaises spécialisées.

 

Au niveau national, si l’importation devait s’arrêter demain, nous aurions des réserves suffisantes pour nourrir la population pendant … une semaine. Cela signifie que si, pour une raison ou une autre, nous ne sommes par exemple plus alimentés en blé, les rares agriculteurs de blé français risquent d’être vandalisés à très court terme par des personnes paniquées ou affamées. Il faut donc rapidement étendre le secteur de l’agriculture et de l’élevage, apprendre à créer nos propres jardins, rendre commun et normal la réalisation de jardins communs et de potagers en ville, en écoles et dans les villages.

 

Au niveau mondial, on parle de sécurité alimentaire. Pour « être en sécurité », il ne faut pas de pénurie d’eau, ne pas avoir de sols dégradés, faire attention au changement climatique et à l’explosion démographique (population multipliée par 7 en 200 ans). Mais il faut savoir que nous avons largement de quoi nourrir la planète entière, c’est juste la répartition qui se passe mal. On sait aujourd’hui que l’agro-industrie n’est pas durable car elle tue les sols et utilisent des produits chimiques qui empoisonnent gravement les eaux. Et on connait des solutions d’agro-écologie, de permaculture et d’agriculture raisonnée qui permettraient de pallier ces problèmes même dans des zones désertiques ou inondées. Alors qu’est-ce qu’on attend ?

Bibliographie

Berthelot, J. (2013). La folie d'intégrer l'agriculture dans un accord de libre-échange transatlantique UE-USA. Solidarité .

Cassia. (2013). Verbalisé pour avoir vendu des tomates hors catalogue. Agoravox .

Douet, M. (2012). Des OGM dans l'alimentation de 80% des élevages français. Reuters France .

Jamet, J. (2014). Des écoliers tombent malades après un traitement de la vigne. Sud Ouest .

Livois, A. d. (2014). Newsletter de l'Institut pour la Protection de la Santé Naturelle. Bruxelles.

Magarinos-Rey, B. (2012). Procès de Kokopelli et des Graines Baumaux.

Moreira, P. (2014). OGM et pesticides : le désastre argentin, la guerre transatlantique. Mediapart .

Trouvé, A. (2013). Le Grand Marché Transatlantique : conséquences dans nos campagnes et nos assiettes.

Images

Issues de la présentation d'Emmanuel Bourguignon, JEC#1 en 2013

 

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Le bon temps, c'est maintenant !! -- J’aime bien manger épicé. Mais pas en même temps. -- Coluche